La forme vient en regardant le bois.
Je m'appelle Jérémy Magnanou. Je travaille le bois seul, chez moi à Chancelade. Chaque pièce de ce site est passée par mes mains, du choix de la planche jusqu'au baume.

D'abord le crayon
Avant le bois, il y a eu le dessin. J'étais inscrit à la Maison des artistes : je dessinais au crayon graphite sur papier, et j'ai aussi peint. En octobre 2023, à Paris, la Société académique Arts-Sciences-Lettres m'a remis un diplôme de médaille de bronze pour ce travail.
Le bois, lui, a toujours été là, pour moi ou pour la famille. Je suis manuel, et je le dois à mon père. Il était artisan, et il savait se débrouiller seul dans beaucoup de domaines. Je n'ai pas suivi de formation. J'ai appris en faisant, en me trompant. Je me trompe encore, et j'apprends tous les jours.
En juin 2026, j'ai enfin eu la place d'installer un vrai atelier, et j'en ai fait mon métier. Geste & Grain, c'est le geste de l'artisan et le grain du bois.

Pas de croquis
Je ne fais pas de croquis. Devant une planche, je regarde ses défauts, ses points forts, sa couleur, le sens de ses veines, et ce que je ressens. La forme vient de là, en travaillant.
Souvent, elle sort asymétrique. J'ai toujours été un peu à contre-courant, et je trouve dans ces formes une liberté que les lignes droites ne me donnent pas.
Mon moment préféré, c'est quand une planche ou une chute commence à devenir l'objet qu'elle sera.
- 3 henviron pour une planche, de la découpe jusqu'à la gravure. Puis vient la finition au baume.
- 1 henviron pour un tire-bouchon, parce que je le taille dans de petits morceaux. Le plus long, c'est de poser la mèche en inox : je la visse et je la colle dans le bois.
Aucune machine ne travaille à ma place. Seule la gravure, au laser, est automatique.
Une même planche, étape par étape
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Je trace directement sur le bois -

La forme, reprise à la râpe -

Le rabot -

Une autre planche, finie et prête à servir
Du bois d'ici, souvent déclassé
J'achète mon bois en Dordogne ou dans un département voisin, à une scierie de Dordogne ou chez un revendeur professionnel de Chancelade. Je tiens à travailler le bois d'ici.
Il est souvent déclassé. Les scieries trient leurs planches selon leur aspect. Celles qui ont un gros nœud, une fente ou un bord abîmé sortent des lots standard. Je choisis ces planches une à une. J'écarte ce qui ne tiendrait pas et je garde ce qui a du caractère.
Je garde aussi mes chutes. Avant de jeter un morceau, je cherche ce qu'il pourrait devenir : un tire-bouchon, un décapsuleur…
Mon bois préféré, c'est le noyer. Il est difficile à trouver et plus cher, mais pour sa couleur, son veinage et sa dureté, il les vaut.


Chez moi, à Chancelade
Je travaille dans une partie de mon sous-sol, et sous l'abri ouvert qui donne sur l'atelier : dès que je peux, je travaille dehors.









J'aimerais que vous receviez une pièce que vous ne trouverez nulle part ailleurs, avec son histoire. Et si vous préférez ne pas vous en servir et la garder en décoration, ça me va très bien aussi.
Jérémy